FAQ sur le respect du Bien Etre des animaux
Pourquoi les animaux sont-ils élevés en cages grillagées ?
L’adoption de la cage grillagée est un choix raisonné, conforté par des études scientifiques qui ont montré que les autres solutions sont comparativement moins satisfaisantes pour le bien-être de l’animal. Des études scientifiques (voir rapport de l’EFSA*) ont montré en effet que l’animal préfère le sol grillagé à une litière souillée. De nombreux travaux ont été menés par la filière sur la cage et le confort à apporter aux animaux, notamment sur la taille du grillage et sur l’introduction de repose pattes.
* l’EFSA est l’Autorité européenne de sécurité des aliments. En 2005, elle a mandaté des experts scientifiques pour définir les principes à respecter pour le bien-être des lapins en élevage.
Y a-t-il un aménagement spécifique des cages pour les femelles au moment de la mise-bas ?
En France, les lapines qui vont mettre bas sont élevées dans des cages individuelles. Ce choix permet de respecter le comportement maternel des lapines qui ont besoin de s’isoler quand elles attendent leurs petits. C’est aussi pour éviter l’agressivité entre les femelles. Les cages sont équipées avec une zone de nidification. Jusqu’au sevrage, la portée reste avec la mère et la spécificité de la filière française est d’élever les animaux après le sevrage en groupe, ce qui permet de préserver la fratrie et de favoriser les contacts entre les animaux.
Quelles sont les dimensions des cages utilisées ?
Il n’existe pas de réglementation européenne sur les dimensions des cages d’élevage. La densité maximale dans les cages est fixée à 45 kg au m2 selon la norme AFNOR en vigueur dans la filière française. Leur conception permet d’assurer un bon confort aux animaux. Les cages disposent de repose pattes et la taille des grillages a été adaptée à leurs besoins. Dans le cadre de la discussion engagée au niveau européen sur le bien-être des lapins en élevage, les professionnels français sont favorables à une baisse du nombre de lapins par m2.
Existe-t-il un « label rouge » pour la filière cunicole ?
L’élevage de lapins sous label rouge consiste à élever les lapins après sevrage dans des enclos sur grillage par groupe de 25 avec une litière de paille dans les 15 derniers jours. La durée d’élevage est de 90 jours, contre 72 jours habituels. Ce mode d’élevage entraîne un surcoût d’environ 30%. Cela correspond à ce jour à un marché extrêmement étroit (moins de 1% des volumes abattus contrôlés - source Agreste) compte tenu du prix de vente de la viande issue de ces animaux.
Existe-t-il une filière bio pour les lapins ?
L’élevage de lapins bio est quasi-inexistant. Le cahier des charges prévoit l’élevage des animaux en parcs mobiles sur un parcours herbeux. Ce mode d’élevage rencontre des difficultés sanitaires (fort parasitisme et aléas climatiques). L’interprofession participe à un nouveau programme de recherche auprès de l’ITAB (Institut De l’Agriculture Biologique) de l’ITAVI (Institut Technique de l’aviculture et de la cuniculture) et de l’INRA, pour explorer les voies d’un élevage cunicole bio durable.
La filière est-elle favorable à une évolution des pratiques pour un meilleur bien-être des animaux ?
Tant au niveau national qu’au niveau européen, la profession cunicole s’est engagée à faire évoluer encore le niveau du bien-être animal. Elle est favorable à une harmonisation des règles de bien-être partout en Europe. L’adoption de normes « Bien-être », fondées sur des critères objectifs et scientifiques, a toujours été soutenue par la filière française.
L’élevage force-t-il le rythme biologique de l’animal ?
Le cycle biologique du lapin est très rapide : la lapine est capable de se reproduire à partir de 120 jours, chaque gestation dure seulement 1 mois et la lapine est fécondable aussitôt après la mise-bas. La saillie « post-partum » correspond à ce qui se passe dans la nature et les petits élevages familiaux. Dans les élevages modernes, l’éleveur respecte un délai de 10 jours après la mise bas pour préserver son cheptel. La séparation des petits à 35 jours suit le cycle biologique du lapin. La production laitière cesse vers 30 -32 jours dans les rythmes de reproduction actuels, donc il n’y a pas de rupture prématurée de l’alimentation lactée des lapereaux.
On dit que la mortalité est très élevée dans les élevages de lapins, est-ce vrai ?
La mortalité en élevage de lapins dans sa totalité n’est pas plus élevée que pour d’autres productions animales. Les chiffres de mortalité de 25% parfois annoncés peuvent néanmoins paraître élevés et choquants. Il faut tenir compte de la réalité de l’espèce lapin : une forte prolificité pour compenser une mortalité élevée : 80% de mortalité chez le jeune lapin de garenne et de l’ordre de 50% chez les garennes adultes (hors chasse). Ce chiffre de « mortalité » intègre, de plus, l’élimination des animaux non viables.
Est-il vrai que l’on élimine les animaux non-viables ?
Comme dans d’autres productions animales, l’élimination des animaux non viables est une pratique qui permet d’éviter des souffrances inutiles à des animaux. Les lapereaux trop faibles n’auront pas les moyens de s’alimenter et vont dépérir lentement. L’élimination des jeunes à la naissance se fait de manière instantanée sans entraîner de souffrance comme le prévoient les textes réglementaires.
Utilise-t-on beaucoup d’antibiotiques en élevages de lapin ?
Les lapins peuvent faire face à des maladies digestives et respiratoires qui sont traitées par l’emploi de médicaments vétérinaires délivrés sous prescription uniquement. Dans les élevages, les premières mesures de maîtrise des conditions sanitaires restent les mesures d’hygiène et de prophylaxie. Le lapin d’élevage est protégé par des vaccins contre les maladies virales qui déciment les garennes (VHD et myxomatose).
Les lapins sont-ils souvent malades ?
De gros progrès ont été faits sur la conception des élevages : grâce à la cage grillagée ; les coccidioses (maladie parasitaire) ont considérablement diminué, et la maîtrise de la ventilation fait baisser les pasteurelloses. Pour un bon traitement des animaux, le vétérinaire met en pratique les principes suivants : diagnostic précoce et précis, prescription sélectionnant des produits de qualité ayant un spectre adapté à la pathologie (afin de limiter la pression de sélection sur les autres bactéries), traçabilité et suivi du résultat.
Quelles réglementations encadrent l’élevage des lapins ?
L’élevage cunicole est encadré par la Directive 98/58/CE sur la protection des animaux. Les pratiques sont contrôlées par les vétérinaires praticiens (au minimum une fois par an) et par les agents des services d’inspection. Un texte européen de recommandation sur le bien-être des lapins est en cours d’élaboration au Comité de la Protection Animale du Conseil de l’Europe.
Quelles réglementations encadrent l’abattage des lapins ?
L’abattage des lapins est encadré par la Directive 93/119/CE sur la protection des animaux qui prévoit l’utilisation de matériel agréé et sa maintenance, l’étourdissement obligatoire de l’animal pour éviter une souffrance et la formation du personnel. Une centaine d’abattoirs sont agréés et font l’objet de contrôles des services vétérinaires d’inspection. Un nouveau règlement européen sur la mise à mort des animaux sera applicable au 1er janvier 2013.








