Le lapin européen (Oryctolagus cuniculus) fait partie de l’ordre des Lagomorphes (littéralement : ceux qui ressemblent au lièvre). Cet ordre se distingue de celui des Rongeurs en particulier par l’existence d’une deuxième paire d’incisives à la mâchoire supérieure. Cet ordre regroupe les lapins, les lièvres et les pikas (ou ochotones).
Malgré sa ressemblance morphologique, en particulier avec les lièvres et les lapins américains (Sylvilagus sp.), le lapin européen ne peut se croiser avec aucun des autres membres de cet ordre.
Ainsi, les lapins élevés aujoud’hui , ne sont en fait que des croisements entre des lignées spécialisées, appartenant toutes à l’espèce Oryctolagus cuniculus .
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Oryctolagus cuniculus est le seul mammifère domestiqué dont l’origine paléontologique se situe en Europe de l’Ouest. Les restes fossiles les plus anciens du genre sont datés d’environ 6 millions d’années et ont été retrouvés en Andalousie.
Le lapin représentait l’essentiel de l’alimentation carnée des hommes vivant 7 000 à 8 000 ans av. J. C. au sud de la France. Les premiers écrits mentionnant l’élevage du lapin sont ceux de Varon (116-27 av. J.C.) qui préconise de garder les lapins dans des leporaria, parcs murés dans lesquels on conservait aussi des lièvres et autres gibiers afin d’en faciliter la chasse. Cet élevage d’animaux sauvages est à l’origine des garennes entretenues par exemple en France du Moyen Âge jusqu’à la fin du 18ème siècle. A la suite de la conquête de l’Espagne, les Romains ont adopté la coutume des Ibères consistant à consommer des "laurices", c’est à dire des lapereaux juste nés. Au moyen-âge, les moines inventent l’élevage des lapins en cage pour consommer des laurices en temps de Carême, ce mets étant autorisé parce que "d’origine aquatique" (sic !). En dehors des monastères, les lapins appelés aussi « connins » ou « connils » sont maintenus dans des espaces réservés à la chasse : les garennes, dont la possession est un droit féodal réservé aux nobles. L’élevage en clapiers complète l’apport en lapins des garennes.
Le 16ème siècle voit l’apparition des premières formes de domestication, avec les premières colorations de pelage : lapins blancs, blancs et noirs et argentés.
Des auteurs d’ouvrages agricoles comme Charles Estienne au 16ème siècle et Olivier de Serre au 17ème siècle décrivent déjà la conduite d’un élevage en clapier. La production est approximativement de 20 à 25 lapins produits par an et par la lapine. Des progrès ont certes été faits depuis cette époque avec aujourd’hui une production moyenne de 50 lapins par lapine et par an, mais comparativement à la production laitière des vaches ou à la culture du blé dont la productivité a été multipliée par 10, celle des lapins n’a que doublé.
Ainsi à la fin du 17ème siècle, le mode d’élevage des lapins en clapier est assez bien établi et subira peu de transformation jusqu’au milieu du 19ème siècle.
Le 19e siècle a vu une modification profonde de la société, en Europe en particulier. Les populations rurales ont commencé à fortement migrer pour aller travailler dans les nouvelles industries urbaines. Dans le petit jardin souvent annexé à leur logement, les nouveaux ouvriers ont alors implanté des petits élevages de volailles et surtout de lapins. Les peaux produites par tous ces lapins sont récupérées par les "marchands de peaux de lapins " qui passent régulièrement collecter les peaux qui sont transformées en fourrure ou servent à fabriquer le feutre.
La deuxième moitié du 19e siècle a été celle des premières créations de races de lapins au sens où on l’entend aujourd’hui (stabilité du format, de la conformation et du patron de coloration). L’obtention de belles fourrures a souvent été l’objectif recherché en favorisant la couleur du poil et la taille de l’animal. Les races comme le Géant des Flandres, le Gris Argenté, le Bélier français, le Géant Papillon et bien d’autres font leur apparition.
Des noms évoquant des contrées lointaines sont très usitées pour augmenter le mystère dont s’entoure la création d’une race : Géant de Patagonie, Blanc de l’Oural, Japonais, lapin russe etc...Un peu partout en France, se développent des élevages importants de 300 à 600 cages !
Les 2 guerres mondiales du 20ème siècle ont favorisé le développement de l’élevage de lapin autarcique avec la mise en place de politiques d’encouragement aux familles.
A partir des années 1950 -1960, l’élevage cunicole moderne basé sur l’exploitation des connaissances scientifiques se met en place. Des travaux scientifiques sont conduits, notamment aux Etats-Unis qui ont abouti à définir les 3 éléments de l’élevage moderne du lapin :
• l’élevage sur grillage pour diminuer le parasitisme et améliorer l’état sanitaire des animaux,
• l’alimentation granulée pour fournir une ration complète dans laquelle les lapins ne peuvent trier,
• le croisement de lapins de races Néo Zélandais Blanc et Californien sélectionnés pour leur productivité et pouvant être élevés sur grillage.













