Le métier d’éleveur
Les modes d’élevage
Où vivent les lapins ?
Les clapiers des fermes et des jardins familiaux que l’on a connus dans notre enfance ont cédé la place à des cages au sol grillagé. Cette technique de sol ajouré présente l’avantage de garantir l’élevage des lapins dans des conditions sanitaires optimales. Dans les régions où le climat le permet, il n’est pas rare que les cages soient installées en plein air. Ailleurs, les lapins vivent le plus souvent dans un bâtiment chauffé, équipé d’un système de ventilation régulée, ce qui assure une bonne qualité de l’air ambiant. La luminosité y est également adaptée de manière à respecter le rythme quotidien des animaux.
Quelles sont leurs conditions de vie ?
Dans la nature, les lapines s’isolent au moment de la mise bas et, pour respecter leur comportement maternel, elles sont élevées dans des cages individuelles. Les boîtes à nid sont installées dans l’espace réservé (et séparé des zones dédiées à l’alimentation et au repos) avant la mise bas pour que la lapine prépare la nidification. Après la naissance, les lapereaux sont élevés en groupe pour favoriser les jeux et les comportements sociaux.
La densité maximale des animaux dans les cages répond à la norme AFNOR en vigueur dans la filière : elle est plafonnée à 45 kg au m2.
Comment se reproduisent les lapins ?
Le lapin est une espèce très prolifique au cycle biologique très rapide. Cela s’explique par les environnements hostiles dans lesquels il a vécu et auxquels il a dû s’adapter : conditions climatiques rudes et nombreux prédateurs à l’affût. La lapine est capable de se reproduire à partir de 120 jours. Sa gestation dure en moyenne 31 jours et la lapine est fécondable immédiatement après la mise bas. Quant au lapereau, il multiplie par 50 son poids de naissance en 2 à 3 mois ! De 50 g environ à la naissance, il pèse 2,5 kg à 2 mois ½.

Quelles sont les conditions de reproduction en ferme d’élevage ?
La conduite d’élevage respecte le rythme biologique du lapin : les jeunes lapines sont mises en reproduction vers 4 mois. L’éleveur limite à 7 le nombre de portées par lapine sur une année en observant après la mise bas un délai d’attente pour une nouvelle insémination.
Les portées sont de 7 à 8 lapins en moyenne. Jusqu’au 18e-20e jour, le lait maternel est la seule nourriture des petits. La lapine donne à téter une fois par jour, généralement tôt le matin. Au moment du sevrage, les jeunes cessent définitivement le lait pour une alimentation solide sous forme de granulés. Cela se produit le 35ème jour après la naissance comme dans la nature. C’est alors qu’on les sépare de la lapine.
Une alimentation 100 % végétale
Le lapin est un herbivore. Pendant l’élevage, les animaux reçoivent une alimentation équilibrée à base de végétaux :
la luzerne, une plante fourragère récoltée à l’état vert et déshydratée. Elle intéressante pour sa teneur en oméga 3, son apport de fibres, de protéines, de vitamines (βcarotène) et de minéraux (calcium). Son arôme est très apprécié des lapins.

les céréales, riches en amidon et indispensables pour fournir l’énergie à l’animal. Les plus utilisées sont le blé, l’orge et l’avoine.
le son de blé
le tournesol
la pulpe de betterave
Les lapins ont accès aux abreuvoirs et aux mangeoires pour satisfaire à leurs besoins alimentaires en quantité suffisante. Très souvent, l’élevage est équipé d’un système d’alimentation et d’abreuvement automatisé.
L’aliment est distribué sous forme de granulés. Le procédé consiste à mélanger des végétaux, à les broyer puis à les compacter pour éliminer l’eau. Ce mode d’alimentation est très apprécié des lapins qui aiment grignoter et user ainsi leurs incisives. Mais il offre aussi l’avantage de permettre le bon équilibre de la ration donnée à l’animal selon son âge et ses besoins et de garantir une bonne conservation et une bonne appétence.
Les races de lapin
La sélection animale existe depuis le début de la domestication, soit environ 12 000 ans. Loin de réduire la biodiversité, elle a contribué à créer 6000 races au sein des 14 espèces principalement utilisées pour l’élevage. Les premières races de lapins, appelées « races patrimoniales », ont été créées par sélection, essentiellement pendant le XIXe siècle et la première moitié du XXe. La couleur et la qualité de la fourrure étaient particulièrement recherchées.
Les associations nationales d’éleveurs d’animaux de concours répertorient aujourd’hui environ 60 races patrimoniales de lapins domestiques. Depuis la deuxième partie du XXe siècle, de nouvelles lignées, issues de croisements, ont été créées pour l’élevage et la production de viande.
Pour connaître les races patrimoniales de lapin, rendez-vous sur le site de la Fédération Française de Cuniculture www.ffc.asso.fr








